Accueil Date de création : 28/06/06 Dernière mise à jour : 05/04/08 10:41 / 77 articles publiés
 

Conte de la première lune  (Contes de juin) posté le mercredi 28 juin 2006 20:37

Conte de la première Lune

Dites-moi Docteur Zadig

de quoi suis-je souffrante ?

Une comédie  drôlatique des "Nouveaux carnets" de la Sultane :

 

amour 37

Entrez dans le domaine

de ma magie

 

Décor : le cabinet du Docteur D...., rue ex Jean Jaurès, Beni-Saf

Les personnages : DZ'habib : Le Docteur "Zadig", l'homme du "ballon rond",  joué malgré lui  par le Dr D....

                                MISPA : La malade "imaginée" , sultane Papyrusa, jouée à contre-coeur par elle-même.

Prix de la consultation : acte gratuit par internet illimité et webcam !

ACTE 1

DZ'HABIB : "Bonjour, MISPA, comment ça va depuis le 17 mai  où j'ai eu le plaisir de vous connaître ?"

MISPA : "Pas bien du tout, Toubib, pas bien  ! "

DZ'HABIB : "Ah, c'est bien dommage, vous alliez si bien quand vous êtes venue me voir  et vous étiez si contente de revoir votre ancienne maison d'enfance ! "

MISPA : "Hélas, Toubib, les choses n'évoluent pas toujours pour le mieux dans la vie  ! Depuis un mois, je ne sors plus de chez moi, je ne vois plus personne et je n'arrête pas d'écrire ! Je néglige mon chien et mon chat ! Je ne téléphone plus ! Je ne bouge presque pas ! Qu'est-ce qui ne va donc pas  chez moi, Docteur Zadig ? "

DZ'HABIB : "Allons, allons, ça n'a pas l'air si grave ! La Webcam me montre que vous avez l'air épanouie  devant votre clavier ! "

MISPA : "L'air, oui, pas la chanson ! Je souffre moralement  et je ne sais pas de quoi !"

DZ'HABIB :"Moralement ? Alors, là, Nous avons un excellent nouveau service dans notre  l'Hôpital de pointe , un service tout exprès pour les dépressifs ! Si vous reveniez faire un tour  fissa? "

 MISPA : " Sahib Toubib, ce n'est pas si simple ! D'abord, il faut revenir, le visa, le train, l'avion, le car, le coucher, mes vieux os, la sécurité, l'eau,  le fric .... "

DZ'HABIB : "Stop ! Vous me cherchez tout ce que cherche celui qui ne veut pas guérir !  Alors quel est le vrai problème ? "

MISPA : "je n'ose pas dire, c'est compliqué et entre-mêlé ! "

DZ'HABIB : "J'ai tout mon temps, aujourd'hui, je ne travaille pas !  Allez, un peu de nerf quoi ! "

MISPA : "Bon, mais tout ne va pas vous plaire !"

DZ'HABIB : " Depuis si longtemps que je travaille, j'en ai vu et entendu d'autres ! Accouchez, si je puis me permettre  à votre âge ! Ne me dansez plus autour du Kanoun, c'est en train de brûler  et ça va exploser ! "

MISPA : " Bon j'y vais !"

Rideau sur la webcam

Entr'acte : Intervention du chien Papyrus :  

 Le chien : "Là, elle ne va pas du tout la Sultane ! Je me demande ce qu'elle a  ! "

ACTE 2

DZ'HABIB : "Alors, je suis tout ouie , ne reculez pas, nom d'une  petite sardine  et d'un chameau à bosses !"

MISPA : "Voilà, voilà, je vous dis tout en vrac ! Je suis très triste parce que je n'arrive pas à remettre mes pieds dans mes babouches depuis que je suis rentrée ! Je suis ennuyée parce que vous ne m'avez pas contactée de vous-même comme vous l'aviez promis ! Je suis un peu fâchée car ma salle à manger d'autrefois voit passer tous vos malades, tous les jours  et ça me rappelle que ma mère passait son temps à tout désinfecter à l'eau de javel et qu'elle doit se retourner dans sa tombe  ! Je suis déroutée parce que le blog sur Beni-Saf qui a beaucoup de visites - 1302  en mai et déjà 1035 ce 28 juin - n'a  presque pas de commentaires - 90, c'est peu ! Hé, Docteur,  c'est comme si j'avais attrapé le "blog solitaire" ! Je sais qu'on me lit beaucoup, je sais comment on vote (pas mal, merci), je ne sais pas comment les autres réagissent ni ce qu'ils pensent  !  Je suis comme le faux donnateur- vrai  sourd qui ferait l'aumone à des faux mendiants- faux aveugles : ils font semblant de ne pas me voir et je ne les entends pas ! Ca va si mal que je néglige  de plus en plus mon chien, mon chat, mes poissons rouges  et mes amis !  Bref, je ne me sens pas bien  du tout dans ma tête ! Dites-moi Docteur Zadig, qu'est-ce qui ne va pas chez moi ?

Rideau

Entr'acte : intervention du chat "Moustique"

 Le chat :  "Au secours, docteur, je vais finir sur un tas d'ordures moi, si ça continue   ! "

 

ACTE 3

DZ'HABIB : " Nom d'un petit chameau à deux bosses et d'un dromadaire à une bosse ! C'est de l'hypocondiacrerie toute pure, votre affaire !

MISPA : "..... ? C'est quoi, cette histoire de chameaux ? Quel rappport avec moi, est-ce que j'aurais attrapé une bosse  ?  "

DZ'HABIB : " Oui, la bosse de l'humeur noire ! Chère Sultane, vous vous êtes monté le son de la derbouka et maintenant ça tape dans votre tête !"

MISPA : "Là, j'avoue que je ne comprends pas ! "

DZ'HABIB : "Cessons de tergiverser, vous avez parfaitement compris, madame Papyrusa ! Ne pensez plus  autant et agissez !"

MISPA : "Mais c'est ce que je fais, Toubib ! "

DZ'HABIB : " Non !!! C'est mon diagnostic sans appel !  Vous voulez un conseil ? Un vrai, un bon qui vous coûtera pas un dinar  ou presque ? "

MISPA : "Bien sûr !"

DZ'HABIB :" Voici mon ordonnance pour tout le mois de juillet qui arrive : mettez Papyrus, le chien, en laisse, et allez vous promener tous les jours le long de votre Adour ! Bêchez votre jardin chaque matin et asseyez-vous dedans pendant l'heure de la sieste en contemplant les poisson du bassin et votre chat qui mange les lézards   ! Invitez des amis de France, le Dimanche et faites-leur des sardinades  ou des brochettes parties ! Tapez dans le ballon qui est caché dans votre appentis  et bloggez un peu plus sereinement en n'oubliant pas de dormir !  Foi de ZADIG, si vous appliquez ce remède et surtout celui du ballon rond,  vous irez bien mieux quand vous reviendrez à Beni-Saf !  A bientôt, je vous y attends pour un couscous royal ! "

RIDEAU

 Dernier tableau animé : Deux camélidés en fuite : un dromadaire et un chameau : " oups ! oups !"
 
"Djamal, Fuyons de ce blog , ils nous ont insultés  ! C'est sûr, ils  ont des problèmes avec les bossus ! Hé, les blogueurs, mettez lui des commentaires  à cette MISPA, avant que le soleil ne lui tape sur la tête et qu'elle tourne raciste !"
"Oui, Camel, tu as raison, retournons au désert, fissa, fissa ! " 
FIN
 
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Le conte de la deuxième lune : Le sport de l'Escalier de Beni-Saf  (Contes de juin) posté le jeudi 29 juin 2006 01:35

Photo : L'escalier le plus détesté  de Boucif :

celui qui donne sur le Marché couvert de Beni-saf

 

Titre 

de ce deuxième conte

 Le sport de l'Escalier maudit

 de Beni-Saf

On pourrait penser que c'est encore une "idiotie" de la Sultane, cette affaire d'escalier maudit ! Pas du tout ! Ana m'chi hmar , Seigneur Schahrimar, Sultan de mon coeur !

Qu'Allah, Le Miséricordieux, vous ait en Sa Sainte Garde, vous et vos descendants jusqu'à la enième Génération !

Puissiez-vous, un jour,  grimper d'un pied alerte tous les escaliers de Beni-Saf et me garder vivante auprès de vous !

 ce que je vous raconte, mon Seigneur et maître est véridique ! Pour preuve voici ce très sérieux dialogue, digne du Coran ou des Evangiles. Il se situe sur la place du marché, pas loin des escaliers, à la terrasse du bistrot près du marchand de cartes postales,  un certain 16 mai 2006. Là où vous m'avez permis de retourner, cher Seigneur Sultan, avec votre visa et votre bénédiction dans l'espoir que je vous ramènerais de bonnes histoires pour vous faire dormir  !

 Cet épique dialogue se déroule entre moi,  la Sultane, et un "Thomas" de 14 ans, BOUCIF de son vrai nom,  élève plutôt brillant du collège de Beni-Saf (celui du haut), en grève ce jour-là,  on ne sait pourquoi, et donc ayant posé ses babouches sous une table du bistrot ! 

  Celui-là de croyant n'est ni Saint Thomas  ni sain ( car on dit "mens sana in corpore sano", ce qui veut dire  en raccourci dans mon pays : "occupe-toi de ton corps, il s'occupera de ta tête".

Ce qui n'est pas le cas de ce faux Thomas, mangeur impénitent de loukoums et grand adepte du sport du divan  de la Télé ! Ce petit gars, ô mon maître,  est promis aux plus belles réussites mais  comme il commence à peser dans les 90 kgs, il  met en danger ses espérances commes  celles de son père, le fabricant de Zlabias du marché, sans parler de celles de sa mère, ma nourrice, Fatma  ! Je ne vous fais pas languir plus longtemps et voici le dialogue  :  

"La sultane : "Le sport de l'escalier est celui qui est le plus naturellement  pratiqué à Beni-Saf !"

"Depuis quand, hein ?", demande le Boucif-Thomas de service, en avalant un loukoum de plus qu'il vient de retirer de sa poche  ?

S - "Ben, depuis qu'il y a des escaliers à Beni-Saf, jeune homme de peu de foi et adorateur du loukoum !"

T - "Euh...! Tu parles comme Fatma, ma mère ! Elle me dit toujours, fainéant qui déplaît à Allah, ne vas pas prendre le taxi avec l'argent de poche que ton père te donne !  Prends  donc l'ecalier ! C'est bon pour toi ! C'est du sport ! Et tu ferais mieux de marcher au lieu d'avaler loukoum sur loukoum, ton cul sur mon tapis ! "

S- "Ta mère a raison ! C'est un sport de Haut niveau, gratuit, sans spectateurs qui lancent des bouteilles partout, sans sponsor qui te pourrit les stars du sport, sans chichis et sans télé ! C'est bon pour les jambes, le ventre et le dos ! Et même tu peux faire avec tes copains des compétitions du sport qu'on appelle: "descendre la rampe sans se casser quelque chose !"

T- "T'es dingue, toi ! C'est pas un sport ça ! C'est un calvaire ! Surtout, pour aller au collège avec un cartable plein de livres ! Heureusement que tout là-haut, sur le sommet de la colline, il n'y a plus d'église, ce serait le chemin de croix et moi je suis musulman !"

S- "Je vois bien que rien ne te convaincra et que tu risques le diabète et le cholestérol réunis, si toi qui es un habitant de Beni-Saf, tu ignores les vertus de ce sport !"

T, reprenant un loukoum qu'il arrose d'un coca que la Sultane lui a offert - "Tu, n'imagines pas quand même que je vais pratiquer ce sport-là, au risque de me faire un "infractitus" !  Et d'abord, tu n'es ni sportive ni médecin ! Ah moins que tu te prennes pour cet idiot de Zadig, qui a inventé le jeu du ballon pour guérir son maître de la mélancolie et qui l'a tué dans le ridicule ! "

S- "Bien ! ! ! je vois que les bulles du Coca ne t'ont pas encore rongé la cervelle et que Mossieu connaît Voltaire ! Pour ta gouverne, on ne dit ni "infractitus" ni "infractus" mais "infarctus" et c'est ce dernier qui te guette avant 40 ans si tu ne suis pas les conseils de ta mère ! Au fait, que veux-tu faire plus tard ?

T- "Je veux faire "chroniqueur sportif de Basket ou de foot " ! J'adore le sport ! Bientôt, je vais m'éclater avec la "Coupe", à la télé !

S- "Tu es un cas perdu ! ! !  Je vais  te quitter  et emprunter l'escalier, pour aller faire la rue..., je ne sais pas son nom ! Qu'Allah, te prenne sous la coupe de ses anges, mais pas trop tôt  ! Salam aleikoum  et pas  Salam Allez-loukoum ! ! !"

Fin

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Question pour un conte  (Hors du Temps) posté le jeudi 29 juin 2006 10:15

Photo : question d'une petite fille à la Sultane : C'est quoi le bonheur mami ?

 

QUESTION POUR UN CONTE

 

Blog de david : Salut a tous !!!, Le bonheur.

En remerciant David !

 

 

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Shaharazade : le conte de mon enfance : le pain sacré de beni-Saf  (Hors du Temps) posté le jeudi 29 juin 2006 16:06

 

Il était une fois ma vie...

IL était une fois une petite fille, au fond de son village natal, qui rêvait de devenir sultane. Le grand Vizir d'un roi très puissant, vint un jour la demander à son père pour son maître le roi Shahrimar, commandeur des îles du Levant. Ce roi, c'est vous, ô Maître qui me menacez chaque jour de me couper la tête, moi la Sultane Shaharazade, et qui m'obligez à la sauver avec une histoire  fantastique, chaque nuit  !

 O Maitre miséricordieux, ayez un peu pitié de moi ! Permettez que, pour une fois, je vous parle de mes souvenirs d'enfance, dans le pays lointain qui m'a vue naître !

C'est là que j'ai appris le goût du pain, celui de la Liberté et de la Justice ! Ecoutez ô, puissant Sultan, ma véridique histoire avec : 

LE CONTE

DU PAIN

DE BENI-SAF

"Beni-Saf, bénie sois-tu,  car tu m'as appris la valeur du Pain  et des hommes !

 

Tu as laissé au fond de ma mémoire des sillons  marqués à la sueur des travailleurs du Pain  ; tout comme la mer trace sur le sable les rides de son passage !

Combien de fois, enfant curieuse, ai-je contemplé les boulangers qui pétrissaient notre bon pain !

D'eux, j'ai tout appris sur les secrets de la pâte qui lève quand on lui ajoute sa boule de levain qui tourne emportée par la giration du bras du pétrin qui se coupe en miches puissantes !

 J'ai tout enregistré de cette masse collante et blanche qui s'étale, paresseuse et fendue, sur la pelle et qui finit de devenir ce qu'elle doit être sur la solle du four : la nourriture du pauvre comme du riche.

J'ai tout appris des boulangers, Moussa, Kader et Manuel, des secrets de la pâte qui gonfle et qui dore, du temps d'enfournement  qui fait naître l'alchimie qui s'établit entre les trous et la mie.

J'ai tout appris de l'odeur suave du pain chaud qui sort de la salle du four pour aller se répandre jusqu'au balcon de ma maison située à côté et qui chatouille les narines des passants.

J'ai tout appris, de ceux qui peuvent aller acheter ce pain béni  sans se poser de questions sur le lendemeain, et aussi, hélas, de ceux qui le mendient sur les trottoirs environnants, incertains de leur sort le plus prochain .

En sortant de la boulangerie, il m'est arrivé de donner un de ces pains que ma mère m'avait envoyée chercher et que j'avais vu cuire, à une vieille femme à la main écailleuse ou à un enfant au visage strié de crasse et de larmes. C'était un acte inconscient et héroïque pour une enfant de sept ans car immanquablement la fessée maternelle suivait cet acte terroriste et j'étais privée des cinq sous mensuels ! Mais si heureuse !

Oui, Mohamed, oui, Manuel, oui Joseph, oui David, C'est à cause de l'odeur du pain chaud, comme du goût de fruit défendu de la pâte dérobée au pétrin,  que je suis devnue un peu  rebelle dans mes idées  !

Le pain, c'est la vie et apprendre ses secrets c'est connaître les bonheurs et les difficultés de nos frères.

Le "compagnon" c'est étymologiquement celui avec qui on partage le pain ! Quelle image plus sublime pourrait donc exister que celle du pain de mon Beni-Saf ! ""

F I N

Voilà, ô mon maître, ce que ton esclave avait à dire ce soir pour sauver sa tête ! Puisses-tu accéder à ma demande de vie , au Nom du Pain sacré ! Ne sois pas jaloux de tous ceux que j'ai cités ! Ce sont les fantômes de mon Passé et mon Présent n'appartient qu'à ton bon plaisir !

 

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Conte de l'ancienne lune : la fievre monte sur le balcon  (Contes de juin) posté le jeudi 29 juin 2006 19:34

Voici  à qui ressemblait le prince Abdou de ma jeunesse : au valeureux emir Abdelkader

 

 

Cher Sultan, aujourd'hui c'est le temps sans lune et la nuit est noire comme les soupçons que ton vizir jaloux fait peser sur mon honneur !

 Aussi, écoute ma triste histoire d'exilée dans ton harem, et comment j'ai rencontré ABDOU, mon premier prince, après avoir été atteinte de la fièvre du Tchoumbo ! Tu verras qu'il n'y a rien là qui puisse porter atteinte à la réputation de ton harem. Je te raconte tout, sans détour et comme si on y était, toi, mon Seigneur, et moi, ton Esclave  :

LA FIEVRE MONTE

""Je t'offre deux exemples des ravages de la fièvre qui m'envahit soudain  :

Celui  des figues de barbarie, d'abord, histoire de mettre l'eau à la bouche .

Les "Tchumbos" (un terme franco-arabe, je crois, né disait une pied-noir que j'ai connue "de l'Université de Sidi -Boucif"), sont de  merveilleux fruits odorants au goût suave, qui ne se laissent déshabiller que par les spécialistes du découpage. Je me revois le couteau à la main, évitant les piquants ténus comme des cheveux, mais véritables poignards liliputiens qui meurtrissent la chair si l'on ne sait pas les retirer !

Le tchumbo réclame des spécialistes  et rit des maladroits ! Au Cactus Francophone

J'ai dix-huit  ans et je viens d'acheter un plateau à un colporteur. Il n'y a pas de mal à ça !

Gourmande, je décapite, je fends le fruit, je déroule son manteau vert, hérissé de défenses, sans trop me faire piquer !  Elle est là, enfin, la figue, merveilleuse dans sa nudité orangée. Je la fourre entière dans ma bouche ! Granuleuse et douce, elle est là à me taquiner les papilles et je reste un moment sans l'avaler  ! Mais, impossible d'y résister longtemps, je la mâche un peu  et l'avale  ! Hélas  son goût se foudroie dans mon estomac trop pressé. Vite une autre ! et encore une autre... .

 Dieu que c'est bon ! Merci pour Ta création - ce fruit, enfin découvert dans sa Splendeur cachée,  qui transforme le Palais du dégustateur en jardin des Délices.  Qui me rendra le goût des Tchoumbos de Beni-Saf ?

Mon deuxième exemple est, je vous l'assure,  un vrai conte des Mille et une nuits dont je vous gratifie et  je vous écris en arabe "Mille et une Nuits" grâce à un ami plus savant que moi en écriture  .

Ce conte plus que véridique,  l'ai appelé  :

Le marché  vu et senti depuis  mon balcon

 

""Il est là, sur la place, tout près de ma maison au balcon qui n'en finit pas.  J'ai douze ans et je contemple le marché, depuis le coin gauche de mon belvédère habitel,    étant privée de sortie pour une de mes nombreuses "bêtises" !  

L'odeur s'échappe des étalages multiples et des bestiaux de transport garés dans le fond.

 Elle monte ,en volutes invisibles, en vrilles odorantes  qui se fixent en tournant dans mes narines dilatées. Tout l'Orient est là avec ses rêves des Mille et Une Nuits, qui m'obsèdent .

La poussière, elle-même  qui forme un mince nuage au-dessus du souk, est un mélange  alchimique et terriblement humain, d'odeurs de bêtes , d'hommes et de produits.  Elle est comme un hymne à la vie.

Les cris et les annonces deviennent pour mon âme d'enfant punie, des mélopées subtiles et hétérogènes, qui n'ont pourtant besoin d'aucune traduction.

Je suis la Princesse  Hadjara, celle qui un jour deviendra Shaharazade !

Je suis prisonnière dans le Ksar de Saladin

 

 Mon prince Abdullah vole à mon secours !

 

 

Moi, sur mon balcon, petite fille solitaire, je rêve que je suis une sultane prisonnière et qu'un Prince, aux yeux de Berbère , né dans une poterie du marché et accompagné de son Genie né de la lampe qu'il vient à son tour de frotter,  va se hisser le long d'une corde pour m'enlever à la prison qui me retient ! Abdullah Va m'emporter sur son tapis volant, volé par son génie, appelé Effritou, à un des marchands du souk !

Je le vois, il est là, tout près de moi ! Ses beaux yeux noirs plongent dans les miens. Je vais saisir la main  qu'il me tend ! Hélas, il s'est évanoui , car ma mère vient de faire irruption dans mon domaine, et son fantôme soudain désintégré constelle de paillttes d'or la poussière du bas.

Oui, je le constate, la Fièvre monte d'en mon esprit au fur et à mesure que le sablier égrenne le sable des jours !

Ah, quand rencontrerais-je mon Prince Abdu , celui que ma flamme enveloppe ? ""

amour 38

F I N

Cher Seigneur Shahrimar, ce prince Abdou, dont je rêvais en mangeant des figues de barbarie, dans mon pays, c'était TOI  ! Bienvenue !!! Pourtant, mon Maître, Mon désir de revoir Beni-Saf grimpe sur mon écorce cérébrale comme éclot la fleur sur le cactus !

Coupe la tête de ton traitre de vizir, pas la mienne, car malgré mon brûlant désir de revoir ma ville d'enfance, je te suis toujours attachée  et fidèle  !

Et ainsi fit le sultan, flatté par le récit de sa Sultane !

 

 

 

 

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